Les Sociétés Françaises Cotées Gèrent-Elles Leurs Chiffres Comptables Afin d'Éviter Les Pertes Et Les Baisses de Résultats?

Résumé


This study examines earnings management to avoid losses and decreases. We analyse distributions of earnings and distributions of earnings changes among 294 french listed firms, and provide evidence of earnings management to meet the earnings targets tested.

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Extrait


Les Sociétés Françaises Cotées Gèrent-Elles Leurs Chiffres Comptables Afin d'Éviter Les Pertes Et Les Baisses de Résultats?

Introduction

Le thème de la transparence de l'information comptable et financière diffusée par les entreprises n'est pas récent. Cependant, au début des années 2000, des cas extrêmes de dissimulations comptables (notamment aux États-Unis avec, par exemple, les affaires Enron, Tyco et WorldCom) ont ramené ce sujet sur le devant de la scène. En France, la question de la transparence de l'information financière a d'ailleurs récemment retenu l'attention de plusieurs revues économiques1 ou professionnelles2.

Toutefois, sans enfreindre les règles comptables, les dirigeants d'entreprises ont la possibilité d'influencer la présentation et le contenu des états financiers. En effet, la latitude dont les managers disposent dans leurs décisions leur permet de façonner l'information comptable dans le respect du cadre légal. En particulier, le résultat comptable est une variable sur laquelle les dirigeants peuvent souhaiter agir. On parle alors de gestion des résultats (Schipper, 1989).

Les motivations de la gestion des résultats et les objectifs de résultats qui en découlent peuvent être influencés par de nombreux facteurs, tels que les primes des managers (Healy, 1985), la fiscalité (Morse et Richardson, 1983), les contraintes exercées par les créanciers (Duke et Hunt, 1990) et les exigences des actionnaires (Beneish, 1997). Dans un contexte de fort développement des politiques de communication financière des sociétés, communiquer une image de performance au marché (entendu au sens large) est essentiel. Pour les managers qui échouent, les sanctions sont immédiates : sanction pécuniaire et patrimoniale, voire éviction de leur poste et perte de notoriété (effet de réputation). Ce dernier effet apparaît très sensible pour les dirigeants. Selon Pichard-Stamford (2002), la réputation pourrait être le principal ressort permettant aux dirigeants d'asseoir leur légitimité et leur pouvoir.

Dans ce contexte, Parfet (2000) estime que les managers sont influencés dans leurs décisions, et ce même s'ils essayent d'exercer leur métier de façon intègre. Selon Marston et Craven (1998), la pression exercée par les analystes et les investisseurs peut inciter les dirigeants à prendre des décisions à court terme. En particulier, les managers peuvent gérer les résultats afin d'atteindre coûte que coûte certains objectifs de performance. Dans le cadre de notre recherche, deux motivations de la gestion des résultats sont envisagées : la volonté d'éviter les pertes et la volonté d'éviter les baisses de résultats. Nous présentons d'abord la problématique et les hypothèse...

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